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Rêves américains, tome 2 : La Grande Crise

by Thomas Hellman

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    Thomas Hellman présente son nouvel album, « Rêves américains, tome 2 : La Grande Crise », qui constitue la suite du premier volume « Rêves américains, tome 1 : La ruée vers l’or », sorti en 2015.

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1.
Ford 04:48
En 1875, pour son douzième anniversaire, le jeune Henry Ford reçoit en cadeau de son père une montre. Henry la démonte, la remonte, la démonte et la remonte encore. Ce sera la naissance d’une passion pour la mécanique qui le conduira à construire son premier moteur à vapeur à l’âge de 15 ans, et éventuellement la voiture qui le rendra riche et célèbre : la Ford T. En 1917, Ford Industries commence la construction du complexe de rivière Rouge à Dearborn, Michigan. Le plus important complexe industriel au monde : 2,4 kilomètres de long par 1,6 kilomètre de large, sa propre centrale électrique, son propre port sur la rivière Rouge, 160 kilomètres de rails... Le complexe emploie plus de 100 000 hommes, le travail est organisé de façon minutieuse, chaque geste est réglé au quart de tour comme la mécanique des montres. Les employés sont biens payés, logés dans des maisons de banlieue alignées avec tous les conforts modernes. L’usine produit 4 voitures chaque minute, 240 voitures de l’heure, 6000 Ford par jour. Le cœur de l’industrie américaine, c’est Détroit. Et le cœur de Détroit, c’est Ford. En Octobre 1929, le président Hoover vient à Dearborn, Michigan, pour l’inauguration du Musée de la vie américaine que Ford a fait construire. Le musée préserve les paysages d’une Amérique rurale, que son industrie a largement contribué à faire disparaitre. Pendant que le président est chez Ford, la bourse à Wall Street commence à chuter de façon vertigineuse...
2.
Churchill 02:01
Le 30 Octobre 1929, Winston Churchill est réveillé en sursaut dans sa chambre d’hôtel à Manhattan par le bruit du corps éclaté d’un homme qui vient de sauter du 15ème étage. Le milieu des finances est en proie à la panique. On raconte que les New-Yorkais doivent se frayer un passage entre la multitude de corps de businessmen qui se sont jetés du haut des tours de Wall Street. Les concierges des hôtels demandent aux nouveaux clients s’ils sont là pour dormir ou pour sauter. Le mardi noir annonce une des pires crises économiques de l’histoire. Elle durera plus de dix ans, affectera le monde entier et transformera radicalement le visage et l’âme de l’Amérique. En quelques jours, les rues se rempliront d’épaves humaines promenant leurs regards sur le monde, essayant de comprendre ce qui était advenu de tant d’espoirs, tant de promesses et tant de rêves.
3.
Ils disaient, on construit un rêve Alors, j’ai suivi la consigne Pour tourner la terre ou porter les armes J’étais toujours aux premières lignes Ils disaient, on construit un rêve Et j’étais toujours partant Pour travailler sur les chemins de fer Et les gratte-ciels faits D’espoir et de ciment Ils disaient, on construit un rêve Alors j’ai suivi le troupeau J’ai fait rouler les trains Alors pourquoi aujourd’hui Dois-je attendre en ligne pour du pain ? Ils disaient, on construit un rêve Et j’étais toujours partant J’ai construit les gratte-ciels Mais c’est fini maintenant Ami, aurais-tu une petite pièce ? Once I built a railroad, made it run Made it race against time Once I built a railroad, now I’m done Brother can you spare a dime ? Once I built a tower to the sun Brick and rivet and lime Once I built a tower, now it's done Brother can you spare a dime ? Once in khaki suits Gee, we looked swell Full of that yankee doodle de dum Half a million boots went slogging through hell And I was the kid with the drum Say don't you remember, you called me Al It was Al all the time Say don't you remember, I'm your pal Brother can you spare a dime ? Say don't you remember, I'm your pal Brother can you spare a dime ? Brother can you spare a dime ? Brother can you spare a dime ?
4.
Pendant des millénaires, l’herbe à bison ancrait profondément ses racines dans le sol des plaines, protégeant la terre des éléments. Mais en quelques décennies, les pionniers en ont arraché des milliers de kilomètres carrés pour faire de la terre cultivable. En 1930, après une période de grande sécheresse, les fermiers ont vu les vêtements bouger sur la corde à linge, ils ont senti la terre trembler sous leurs pieds et, à l’horizon, un nuage rouge et menaçant est apparu. Alors les fermiers se sont barricadés à l’intérieur, mais la poussière pénétrait tout : les portes, les fenêtres et les poumons. On dit qu’en quelques heures, des villes entières sont disparues ensevelies. Le ciel pouvait rester noir pendant des jours entiers. Le vent portait la poussière si loin qu’il a neigé de la neige rouge en Nouvelle-Angleterre. On appelle ces tempêtes de sable les « dust storms ».
5.
Dust 03:21
Dust Dust Dust... Dust, dust, dust in the sky Dust on the trail, dust in my eyes Dust, dust, can't see the light Can't find my way, the dust has won Cattle and the sheep, Bedded down to sleep Seem to realize their fate Vultures in the sky Know the time is nigh Will they fly away, away ? Oh Lord, please ease my pain Oh Lord, where is your rain and sunshine ? Dust, dust, must I be ? Can this be eternity ? Oh Lord, have mercy on poor me Ils sont des centaines de milliers à essayer de protéger leurs enfants contre la pneumonie mortelle des dust storms. Une grande partie d’entre eux va s’entasser dans des vieilles voitures, des charrettes tirées par des chevaux, sur la route 66, un des symboles les plus puissants de la conquête de l’Ouest, en route vers la Californie, à la poursuite du rêve américain. Mais, arrivés à l’Ouest, ils se retrouveront dans des camps de réfugiés, avec des milliers de gens comme eux qui crèvent de faim. Cattle and the sheep Bedded down to sleep Seem to realize their fate Vultures in the sky Know the time is nigh Will they fly away, away ? Oh Lord, please ease my pain Oh Lord, where is your rain and sunshine ? Dust, dust, must I be ? Can this be eternity ? Oh Lord, have mercy on poor me ! Dust Dust Dust...
6.
Steinbeck 05:23
La pluie tombait toujours Monotone et régulière Elle noyait les grandes routes Car les rigoles étaient insuffisantes pour assumer l’écoulement Alors des grappes d’hommes, trempés jusqu’aux os Vêtus de loques dégoulinantes, leurs chaussures en bouillie Sortirent des tentes et des granges surpeuplées Barbotant dans les mares fangeuses Ils gagnèrent les villes Envahirent les boutiques, les bureaux de secours Mendiant un peu de nourriture Essuyant toutes les humiliations Pour un morceau de pain Essayant de voler, de mentir Et bientôt une colère désespérée Commença à couver Sous les prières et les supplications Et dans les petites villes La pitié que les gens éprouvaient À l’égard de ces affamés Se mua en colère, et puis en crainte Alors les shérifs assermentèrent Des armées de nouveaux adjoints Et se firent expédier en toute hâte Fusils, grenades à gaz et munitions Et la pluie tombait sans répit Les rivières débordaient, inondant le pays Sur le foin humide Dans les granges où l’eau filtrait Par les fentes des toits Des femmes poitrinaires Mettaient des enfants au monde Des vieillards mouraient Recroquevillés dans les coins Et les coroners ne pouvaient plus Redresser les cadavres La pluie cessa L’eau stagnait dans les champs Reflétant le ciel gris Puis elle s’écoula lentement Et la terre s’emplit de murmures Pas de travail Avant le printemps Pas de travail Et si pas de travail Pas d’argent Pas de pain
7.
Écoutez-moi jeunes gens fougueux et fiers Ne cherchez pas fortune dans ces trous sous la terre Car la mine est un vice, elle s'infiltre en dedans Jusqu'à ce que le charbon change la couleur de ton sang J'ai connu beaucoup d'hommes ne se lever le matin Que pour plonger dans la mine y creuser son destin Comme le dopé a sa dope, le buveur sa robine L'homme peut sombrer sous l'appel de la mine Il fait noir comme une tombe, humide comme la rosée Les bonheurs y sont rares et nombreux les dangers Le soleil ne brille pas et jamais la pluie ne tombe Il fait noir dans la mine comme au fond d'une tombe Oh come all you young fellers so young and so fine Seek not your fortune in a dark dreary mine It'll form as a habit and seep in your soul Till the stream of your blood runs as black as the coal It's dark as a dungeon and damp as the dew The danger is double and the pleasures are few Where the rain never falls and the sun never shines It's a dark as a dungeon way down in the mine Well it's many a man that I've seen in my day Who lived just to toil his whole life away Like a fiend with his dope and a drunkard his wine A man will have lust for the lure of the mine It's dark as a dungeon and damp as the dew The danger is double and the pleasures are few Where the rain never falls and the sun never shines It's a dark as a dungeon way down in the mine And pray when I'm gone that the ages shall roll That my body will blacken and turn into coal Then I'll look from the door of my heavenly home And pity the miner digging my bones It's dark as a dungeon and damp as the dew The danger is double and the pleasures are few Where the rain never falls and the sun never shines It's a dark as a dungeon way down in the mine Where the rain never falls and the sun never shines It's a dark as a dungeon way down in the mine
8.
Sixteen Tons 04:13
Certains disent Que l’homme est fait de boue Mais je dis que l'homme Est fait de muscles et de sang De muscles et de sang De la peau et des os Un esprit fatigué Mais un dos puissant You load sixteen tons, what do you get Another day older and deeper in debt Saint Peter don't you call me 'cause I can't go I owe my soul to the company store I was born one mornin' when the sun didn't shine I picked up my shovel and I walked to the mine I loaded sixteen tons of number nine coal And the straw boss said "Well, a-bless my soul" You load sixteen tons, what do you get Another day older and deeper in debt Saint Peter don't you call me 'cause I can't go I owe my soul to the company store If you see me comin', better step aside A lotta men didn't, a lotta men died One fist of iron, the other of steel If the right one don't a-get you Then the left one will You load sixteen tons, what do you get Another day older and deeper in debt Saint Peter don't you call me 'cause I can't go I owe my soul to the company store Tu creuses, tu creuses Tu creuses mais pourquoi ? Pour être plus vieux d’un jour Et encore plus endetté Saint-Pierre ne m’appelle pas Mon âme n’est pas à toi Mon âme appartient à la compagnie You load sixteen tons, what do you get (x5) I owe my soul to the company store
9.
Quand ma grand-mère m’emmenait au magasin Pick n’Save de Wauwatosa, Wisconsin, elle sortait sa collection de « coupons » et achetait dix boites de Cornflakes. Je lui demandais : « Grandma, quand est-ce que tu vas manger dix boites de cornflakes ? » Et elle me répondait : « You didn’t live through the great depression, big boy. T’as pas vécu la crise, toi. » Et elle ramenait les dix boites de Cornflakes dans son garde-manger où il y avait déjà cinquante boites de thon et deux cent cannes de pickles. Ma grand-mère me racontait que dans les années trente, sa mère à elle avait un petit magasin. Et elle donnait à manger aux vagabonds qui passaient par là. On appelait ces vagabonds errants « les hobos ». Et ils avaient dû se passer le mot, les hobos, parce qu’il y en avait de plus en plus qui venaient frapper à la porte, gratter à la fenêtre. Si bien qu’un jour, il ne resta plus rien à manger. Et au moment où ma grand-mère et sa mère se demandaient ce qu’elles allaient bien faire pour survivre, elles ont entendu quelque chose glisser dans la boite aux lettres. C’était une petite enveloppe, avec un billet de cinquante dollars, et un petit mot qui disait « merci ». Et en bas du mot, Il y avait une petite signature Leon Ray Livingstone A-No.1
10.
Il s’appelait Leon Ray Livingstone Mais il était mieux connu sous le nom de A-No.1 Le roi de ces voyageurs du rail Qu’on appelait les hobos Quand il arrivait dans une nouvelle ville Il troquait ses vêtements de hobos Pour un costume cravate Et vendait des livres Dans lesquels il racontait ses aventures Leon Ray Livingstone A-No.1 D’Est en Ouest, du Nord au Sud De la conquête de l’Ouest à la Grande Crise Il n’a jamais cessé d’errer Même quand il est devenu riche et célèbre Leon Ray Livingstone A-No.1 On disait qu’il était l’empereur du Nord C’est à dire l’empereur de tout et de rien Empereur de tout Empereur de rien Empereur du vide, du silence et du froid De ces espaces blancs comme une toile Où on peut projeter ses rêves Se dissoudre dans l’immensité Contempler sa propre nature Comme on contemple le fond d’un lac Comme on contemple le fond d’un lac Leon Ray Livingstone A-No.1 Where you going ? Where you gonna run to ? Where you going ? Where you gonna run to ? Leon Ray Livingstone A-No.1 Empereur de tout Empereur de rien
11.
Un homme part à l’Ouest, A la poursuite du rêve américain Mais arrivé en Californie, il se rend compte Que l’Ouest n’existe plus Alors il grimpe sur un train Pour retourner vers chez lui Mais quelque part au milieu du vaste état du Texas Un policier du rail le surprend et le met dehors Alors sous le ciel étoilé Au milieu de la nuit L’homme se retrouve seul Face À sa vallée solitaire
12.
Wolf Chief 01:41
En 1901, Wolf Chief, le chef du peuple des Hidatsa, dans un état de désespoir profond, vendit à un anthropologue new-yorkais une relique sacrée qui avait été transmise de génération en génération par les chefs de sa tribu. La relique sacrée s’est retrouvée au Museum of the American Indian, à New-York. Et c’est à partir de ce moment que la sècheresse s’est installée Pendant des décennies, les Hidatsa ont demandé qu’on leur rende leur objet sacré, ce qui fut finalement fait en 1938. Quelques jours plus tard il a commencé à pleuvoir
13.
Le temps 04:40
Le temps n’est que la rivière où je m’en vais pêcher. Je bois son eau et, tout en buvant, je vois le fond sablonneux et remarque comme il est peu profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l’éternité demeure. J’aimerais boire plus profond ; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux est semé d’étoiles. Je ne connais pas la première lettre de l’alphabet. Je ne peux compter jusqu’à un. J’ai toujours regretté de ne pas être aussi sage Que le jour de ma naissance.
14.
Imaginez-vous dans une petite ville, perdue quelque part au cœur de l’Amérique. Toujours le même horizon, toujours la même promesse d’un avenir tracé d’avance. Et quelques fois par semaine passe le train. Et à l’arrière du train, vous voyez toute une population de hobos qui sillonnent le pays. Et puis un jour, arrive un train qui roule plus lentement que les autres. Une ouverture apparait dans le cœur d’un wagon alors, vous grimpez, et en quelques instants vous avez dépassé la ligne d’horizon au-delà de laquelle vous n’aviez jamais osé vous aventurer. Puis vient la nuit, et le jour. Une autre nuit, un autre jour. Le temps passe. Et un jour vous contemplez le chemin parcouru et l’envie vous prend de retourner en arrière. Mais vous vous rendez compte que c’est impossible. Pendant que vous fuyiez votre passé, votre passé, lui, s’éloignait de vous. On ne revient jamais sur ses pas, jamais, personne.
15.
500 Miles 02:47
If you miss the train I'm on, you will know that I am gone You can hear the whistle blow a hundred miles Lord I'm one, Lord I'm two, Lord I'm three, Lord I'm four Lord I'm 500 miles from my home Not a shirt on my back, not a penny to my name Lord I can't ever go back this way again This a-way, this a-way, this a-way, this a-way Lord I can't ever go back this way again Et j'entends siffler le train Et j'entends siffler le train Et j'entends siffler le train Et j'entends siffler le train J'entendrai siffler ce train toute ma vie J'entendrai siffler ce train toute ma vie Lord I'm 500 miles from my home 500 miles from my home

about

Thomas Hellman présente son nouvel album, "Rêves américains tome 2 : La Grande Crise" qui s'inscrit dans la continuité du premier volume "Rêves américains tome 1 : La ruée vers l’or", sorti en 2015. Il raconte l’histoire américaine à travers des chansons tirées du répertoire blues, folk, et gospel de l’époque dont il fait des adaptations bilingues. Des mots et de la musique qui font réfléchir.

credits

released September 21, 2018

Crédits :

À la mémoire de Margaret Alma « Poopsie » Hellman, 1911-2010

Réalisation : Thomas Hellman
Prise de son : Olaf Gundel et Benoit Morier au studio Chez Frank (Montréal, Canada),
Sauf 500 miles qui a été enregistrée dans une machine Voice-o-Graph de 1947, à Third Man records, Nashville, Tennessee (USA).
Mixage : Olaf Gundel
Matriçage : Ryan Morey, Grey Mastering (Montréal, Canada)
Arrangements des chœurs : Olaf Gundel, Thomas Hellman, Sage Reynolds
Arrangements des cordes : Sage Reynolds
Graphisme : Louise « T-Bone » Marois
Photo de Thomas : Samuel Le bon
Edition sonore : Olaf Gundel
Edition sonore des cordes : Sage Reynolds

Crédits photos :
Cover : Samuel Le bon

Ce projet a été rendu possible en partie grâce au Gouvernement du Canada.

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about

Thomas Hellman Montreal, Québec

Thomas Hellman est un auteur-compositeur-interprète québécois, né d’un père américain et d’une mère française. Il raconte l’histoire américaine à travers des chansons tirées du répertoire blues, folk, et gospel de l’époque. Il met aussi en musique des écrits littéraires (Frank H. Mayer, John Steinbeck, H.D Thoreau…), et ses propres textes et chansons. ... more

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